Panorama des vendanges 2017

11/09/2017

Dans de nombreuses régions viticoles, le premier coup de sécateur a été donné !
Si l’effervescence commence à monter, l’heure n’est pas à l’euphorie. La récolte s’annonce bien maigrelette cette année…

Selon les prévisions publiées, par Agreste, le service statistique du ministère de l’agriculture, les cuves ne devraient contenir que 37,2 millions d’hectolitres à la fin de la récolte. Soit un niveau inférieur de 18 % à celui de 2016 et de 17 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années. On se dirige donc vers la plus petite récolte depuis 1945.

Le gel….

C’est justement l’épisode de gel brutal qui s’est abattu sur de nombreuses régions françaises en avril, qui a affecté la vigne à un moment crucial, alors que son état végétatif était avancé.

Les bassins du Sud-Ouest, notamment le Bordelais, les Charentes, l’Alsace et le Jura ont été les plus touchés. Sachant que la production de vin pour eaux-de-vie, en particulier de cognac, la spécialité des Charentes, serait la plus pénalisée.

Dans le Val de Loire, les vignobles ont pu compenser un peu les pertes au fil du temps. De même en Champagne, où malgré la destruction de 23 % des bourgeons par le gel, le rendement attendu devrait être compris entre 10 000 et 11 000 kg à l’hectare . Un résultat qualifié de « favorable », obtenu grâce aux contre-bourgeons qui se sont développés, aux conditions parfaites de floraison et au poids plus conséquent des grappes restantes.

En Bourgogne, la situation est plus nuancée,  le gel a frappé essentiellement le Clunysois et le Chablis fin avril. Au total, "la production de la zone est prévue en hausse sur un an (+12%) après une année 2016 très déficitaire".

« Malgré tout, l’ensemble de la viticulture bourguignonne est satisfaite de la récolte qui s’annonce : des conditions extraordinaires au niveau météo, des volumes qui sont parfaits. On aurait un peu d’eau, cela rajouterait un peu de volumes. » estime Jean-Michel Aubinel, président de la CAVB (Confédération des Appellations et des Vignerons de Bourgogne).

…Mais aussi la grêle, la coulure, et le déficit hydrique

Mais la grêle a aussi joué avec les nerfs des viticulteurs, broyant de nombreux espoirs dans le Beaujolais, dans une partie de la Bourgogne, dans le Languedoc et dans certaines zones du Sud-Ouest et du Sud-Est

Enfin, la coulure (chute des fleurs ou des baies) a été prononcée dans les vignobles du pourtour méditerranéen. Dans ce contexte déjà compliqué, le déficit hydrique et la canicule, qui s’est installée dans la vallée du Rhône, ont encore réduit les volumes sur ces territoires. A l’inverse, les pluies ont redonné un peu de vigueur aux raisins alsaciens.

Un brin d’optimisme…

Motif d’optimisme, toutefois, dans ce panorama plutôt sombre sur la quantité : les conditions climatiques chaudes et sèches ont réduit la pression des maladies sur les ceps.

Du fait de la bonne maturité du raisin et du bon état sanitaire, 2017 va se démarquer par l’aspect qualitatif, fort heureusement.

Nous restons cependant inquiets pour l’impact sur le chiffre d’affaires et la trésorerie des vignerons qui vont faire de petites récoltes.